LE TEMPS DE LA SECONDE MOBILISATION

S’il était temps hier de se mobiliser pour rendre hommage, il est temps aujoud’hui de se mobiliser pour agir. Les jours tragiques que nous venons de traverser pourraient trouver une fin utile, celle de ré-animer notre démocratie déjà affaiblie avant même d’avoir été touchée en son cœur.

Spontanément réunis, les peuples de France et du monde ont démontré qu’ils avaient des valeurs en commun, de quoi espérer pouvoir construire une culture mondialiste trop longtemps évoquée comme un concept d’idéalistes. Au-delà des états, des administrations, des partis politiques, ils ont rappelé que la démocratie peut exister à l’état spontané sans passer par des organisations qui peinent de plus en plus à la représenter.

Cet élan populaire il doit désormais se poursuivre pour que soient prises les mesures nécessaires à la survie d’une république menacée. Continuer à prendre notre destin en main en faisant pression sur ceux qui nous représentent pour agir. Sans cela, c’est non seulement le terrorisme qui nous guette mais aussi une montée du Front National qui pourrait cette fois-ci le conduire jusqu’au pouvoir.

Si nous parvenons à montrer que la démocratie dans sa configuration actuelle est capable de résoudre le problème de sécurité nationale grave auquel elle est confrontée, alors elle démontrera qu’il ne sert à rien d’invoquer les extrêmes pour y parvenir. Qu'il n'est pas nécessaire de faire appel à ceux qui n’ont jamais exercé le pouvoir pour voir s’ils seraient capables de faire mieux.

Pour cela, il faut faire preuve d’autant de courage, de détermination et de fermeté que ceux dont nous avons preuve hier pour défendre la liberté. Le courage d’affronter la soi-disant réticence populaire à investir dans nos prisons. La détermination à traquer coûte que coûte les filières de formation des terroristes.La fermeté dans la manière avec laquelle nous nous devons de les éradiquer.

Parce qu’aujourd’hui nos prisons sont des lieux d’où l’on sort plus dangereux que l’on y est entré. Parce qu’il n’y en a pas assez, parce que faute de budget il faut 10 années pour en construire de nouvelles, parce qu’on n’y a plus les moyens d’y faire régner les lois de la République, parce qu’y règnent celles du trafic, de la violence et du terrorisme. Il est temps que ceux qui dirigent notre démocratie prennent les décisions d’y investir en priorité.

Parce qu’on ne peut plus se contenter de parler de l’existence des filières de formation au Djihad. Parce qu’on ne peut plus laisser ceux qui en font partie appeler d’autres à les rejoindre. Parce qu’on peut surveiller les réseaux sociaux, parce qu’on peut éradiquer les centres qui existent en France, parce qu’on peut faire la guerre à ceux qui sont à l’étranger comme on la fait au Mali.

Parce qu’on peut voter des lois exceptionnelles pour lutter contre le terrorisme, parce qu’on l’a déjà fait au nom de la sécurité nationale, parce qu’on peut le faire dans le respect de nos principes sans que cela ressemble à Guantanamo, pour empêcher de laisser partir ceux qui veulent se former au terrorisme, pour éviter de laisser revenir ceux qui le sont déjà et pour isoler ceux qui sont sur notre territoire.

La liberté ne peut exister sans la tolérance, pour tous sauf pour ceux qui cherchent à la menacer. Mobilisons-nous jusqu’au bout, il en va de la survie de notre démocratie et de notre liberté et il n’y aura pas de meilleur hommage à rendre à ceux qui viennent de mourir pour elle.

JOCELYN JARNIER